Culture

Affranchissement vraiment?

Dans un précédent article, je vous parlais de l’histoire de l’affranchissement et des conditions dans lesquelles ils se passaient. Je vous disais également que beaucoup n’avaient de choix pour pouvoir vivre que de voler. J’ai trouvé une vidéo qui explique de manière comique la situation. A vous de juger !!!

Une minute avant est une émission télévisée française diffusée et produite par Canal+

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Un nom pour la liberté !

expoS’il y a bien un moment où le fait d’avoir un a eu sens c’était bien à ce moment là. Lewis Carroll se demandait « Un nom doit-il toujours signifier quelque chose ? », pour eux il signifiait liberté et citoyenneté.

Une exposition retrace en ce moment et jusqu’à la fin de l’année l’histoire de l’affranchissement à la Réunion, son nom « les noms de la liberté, 1664-1848».

Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque les esclaves arrivaient sur l’île, ils devaient se faire baptiser et changer de prénom, ils perdaient ainsi leur prénom d’origine et en prenaient un occidental. On leur donnait un prénom, mais pas de patronyme. En effet, depuis les lois concernant la réglementation de l’esclavage de 1723, l’attribution d’un nom de famille était synonyme d’affranchissement et donc de liberté. Bien sûr, les affranchissements étaient très rares, puisque l’on dénombrait au moment de l’abolition de l’esclavage seulement 10% d’esclaves libérés.

ordonnance du roi nom prénom

Au début du 19ème siècle, l’esclavage est de plus en plus critiqué, lors de congrès, beaucoup de penseurs prennent position contre. Aussi dès 1836, un décret impose à tout propriétaire de l’esclave de les affranchir, s’il veut les amener en métropole, en leur donnant un nom !

La suite vous la connaissez, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, qui crée « la société pour l’abolition de l’esclavage », réussit à faire abolir l’esclavage le 27 avril 1848. Sarda Garriga, commissaire de la république chargé de mettre en application cette loi attendra le mois de décembre, c’est-à-dire la fin de la coupe de la canne à sucre  pour la faire appliquer et évite ainsi les révoltes.

Les esclaves sont affranchis, il faut donc leur donner un nom patronymique. 21 000 noms seront donnés à la Réunion. Bien sûr la vie des affranchis n’est pas rose. Ils ont la liberté et la citoyenneté (c’est-à-dire le droit de vote, ce qui est surprenant puisque les femmes des esclavagistes ne l’auront que près d’un siècle plus tard), cependant pour vivre, ils n’ont pas beaucoup de choix, soit ils retournent travailler chez leur ancien maître, soit ils commettent de petits larcins (rare était ceux qui avaient réussi à mettre de l’argent et réussir à s’installer sur de petit terrain, notamment à Saint-Paul).

albiusPrenons un exemple d’esclaves reconnu aujourd’hui comme un personnage historique de premier plan à la Réunion, celui d’Edmond. Le petit garçon alors âgé de 12 ans travaille en tant qu’esclave chez un botaniste de la ville de Sainte-Suzanne du nom de Féréol Beaumont Bellier. Un jour le botaniste reçoit des orchidées dites épiphytes, des fleurs ornementales. Edmond qui a observé son maître s’essaie à la botanique, il retire l’obstacle qui empêche la pollinisation, met en contact les organes males et femelles de la plante. Le résultat de cette expérience c’est la vanille, un produit qui va enrichir tous les maîtres qui vont se l’arracher par la suite. Une fois affranchi, il prend le nom d’Albius. Pour vivre il commettra des vols qui le conduiront en prison. Une fois libéré il travaille comme cultivateur et meut dans l’oubli à la cinquantaine passée.

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Acte d’affranchissement d’Edmond Albius

Pour aller plus loin :

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~ Philosophie réunionnaise ~

Souvent considéré comme un des plus grands chanteurs Réunionnais, Danyel Waro est aussi poète. Ce fervent militant pour le retour du maloya (musique traditionnelle réunionnaise) sur le devant de la scène, nous livre un moment de philosophie à la réunionnaise !

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Mahaveli

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Non ce n’est pas le nom d’une personne ! Il est né en 2002 sous l’influence de 2 personnes : L’un, Expédit Vienne, a choisi son nom, l’autre, Guy Pignolet, l’a dessiné. Vous l’avez certainement déjà vu flotter dans le vent. Il est devenu le symbole de la Réunion, c’est, c’est : le drapeau réunionnais.

Son nom est la contraction de 2 mots « mahavel » qui signifie en malgache « le beau pays », et de « Veli » qui dans la culture tamoule évoque l’étoile du matin Ainsi Mahaveli serait l’étoile qui guide vers notre beau pays.

Au début, il fut rejeté. En effet, il pouvait symboliser une demande d’indépendance, il fut donc rejeter. Depuis, l’heure n’est plus à la sécession, mais à la revendication identitaire. On le voit partout, il est adopté dans les milieux sportifs, dans les milieux culturels et surtout on le voit sur une pièce de 10 euros suite à un tirage limité demandé par l’union européenne.

La Réunion a son symbole à présent et beaucoup voudraient le voir flotter au-dessus des mairies et autres conseils général et régional. L’ARV (Association Réunionnaise de Vexillologie (étude de la signification des drapeaux)) milite d’ailleurs dans ce sens et a adressé une lettre dans ce sens à tous les candidats aux élections municipales. Affaire à suivre…

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Pour aller plus loin: 

(Merci à l’ARV pour son autorisation de diffusion)

(2 premières images libres de droit Wikipédia)

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Métier lontan

Chaque époque est marquée par un ensemble de métiers qui correspond aux besoins quotidiens des habitants. La Réunion a elle aussi connu ce genre de métiers, que l’on appelle ici « métié lontan », et qui ont marqué des générations de Réunionnais.

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Parmi ces métiers, il y a le « Kwafèr barbyé », un lieu incontournable de l’époque durant laquelle beaucoup n’avaient pas de rasoirs et venaient se faire coquet. C’était également un lieu de rencontre pour tout ceux qui voulaient se mettre à jour des « La-dit, La fait » (les commérages).

imagesOn trouvait aussi l’incontournable « tayèr pilon » que l’on retrouve dans toute cuisine créole qui se respecte. Le tailleur devait descendre à la rivière, récupérer un « galet », puis passer sa journée à creuser avec un ciseau la roche jusqu’à obtenir un trou assez profond. Une fois terminé, il devait trouver le « kalou », qui servira à broyer les épices, le piment, etc.

 Il y avait aussi le « bazardié », (un vrai service à domicile) qui vous livrait à domicile ou qui passait dans les villages. Il vendait de tout : que ce soit les fruits et les légumes, mais aussi des vêtements. Toujours dans les services à la personne, si l’on peut dire, il y avait le « sartyé », qui, avec sa charrette, rendait beaucoup de services pour le transport de marchandises, de la canne et les déménagements, par la force de ses bœufs.

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Plus récemment, et pour le coup vraiment quelque chose que j’aurais aimé connaître (c’est un appel à quiconque aurait cette merveilleuse idée !!!) le chauffeur de « cars courant d’air  » qui circulaient dans les hauts au grand air, un vrai bonheur. J’ai d’ailleurs rencontré un « granmoun » qui à l’époque utilisait ces véhicules, et qui en expose quelquefois dans le phare de Sainte-Suzanne, et il m’a confirmé avec nostalgie, que les sensations étaient différentes et le plaisir autre. Mais bon je ne désespère pas !!!

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Mais bon trêve de nostalgie, l’époque que l’on vit, a tout de même ses avantages, je peux vous communiquer le fond de mes pensées, alors que vous vous trouvez à des milliers de kilomètres !!!

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Les Sourds avec un « S » majuscule (la suite)

Lors d’un précédent article, j’expliquais que mon travail était en lien avec le F.L.S, sans toutefois expliquer de quoi il s’agissait. En fait, je suis Assistant de Vie Scolaire, c’est-à-dire que je suis le lien entre l’élève que j’accompagne, en l’occurrence une lycéenne,  et le corps enseignant. Je l’aide donc à établir un lien avec l’enseignant, les autres élèves et le savoir.

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Je dois traduire en langue des signes ce qui se dit et dans le même temps l’aider à acquérir des techniques (lecture labiale, échange sur papier,…) pour développer son autonomie.

Depuis la loi de 2005 concernant l’égalité des chances des handicapés, les élèves des écoles, des collèges et des lycées, peuvent être accompagnés pour faciliter leur intégration dans des classes qui  ne sont ni des C.L.I.S (Classe d’Inclusion Scolaire) ni des U.L.I.S (Unité Localisé pour l’Inclusion Scolaire).

Humour Sourd

Alors comment j’en suis arrivé à signé ? Quand j’étais petit, je me rendais en Algérie pour les grandes vacances. Là-bas, j’accompagnais ma tante qui était professeur pour les aveugles dans une école pour handicapés, où j’ai pu rencontrer et côtoyer des sourds. Bien sûr,  je ne signais pas, (et d’ailleurs je précise que la langue des signes est différente d’un pays à l’autre, cependant la langue des signes française est la même en Suisse, en Belgique, et dans quelques pays africains), mais cela m’a beaucoup influencé pour la suite, même si le chemin fut très long pour y arriver, mais c’est une autre histoire. J’ai donc appris à signer à la Réunion, dans le centre de l’I.R.E.F avec des formatrices Sourdes, ce qui fut enrichissant.

 Elles nous ont fait vivre des situations incroyables. Je me rappelle cette sortie au Chaudron. Nous ne devions pas parler et faire des achats en faisant semblant d’être Sourds, ce qui ne fut pas une mince affaire. Quelques insultes, un peu de mépris, mais dans l’ensemble beaucoup d’empathie et d’effort pour essayer de comprendre, et même des cadeaux (je n’en ai pas profité, il fallait bien faire l’exercice !). Rien de mieux pour comprendre, que de vivre leur réalité, une belle expérience !

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A celui qui découvrira mes trésors !

Je passais aujourd’hui devant le cimetière marin de Saint-Paul où est enterrée la Buse, et je me suis dit que l’on oublie souvent que l’Océan Indien a longtemps été une terre de pirates. Je vais donc vous conter son histoire…

La Buse, de son vrai nom Olivier Le Vasseur, est un pirate très célèbre. On l’a appelé La Buse à cause de la vitesse à laquelle il attaquait les navires, à la manière d’une buse sur sa proie. Son père était déjà un pirate, celui-ci lui enseignera tout ce qu’il faut savoir pour être un bon pirate, puis il suivra ses traces.

Il commence ses actes de piraterie dans les Antilles, mais les grands empires de l’époque traquent les pirates dans tout l’Océan Atlantique. Le pirate comprend qu’il vaut mieux changer de secteur. Il se rend dans l’Océan Indien où plusieurs bateaux transitent chargés de marchandises venant des Indes et chargés d’or, de diamants et de tout ce qui remplit de trésors les coffres.

Un jour il sera pris en chasse par deux navires, il réussit à fuir, mais échoue son bateau sur les côtes de Mayotte. La Reine des Indes, Le bateau que lui avait légué son père est détruit. Il s’associe à un autre pirate, très célèbre également, John Taylor, qui lui propose de s’associer avec lui. Au large du Barachois, ils croisent un navire portugais chargé d’or, qu’ils attaquent à coups de canons, puis ils volent le navire. La Buse a à nouveau un bateau, La Vierge du Cap.

Après cette prise et quelques aventures La Buse part se cacher à Madagascar, sur l’île de Sainte-Marie, et tente de se faire oublier.


Vers 1729, La Buse est reconnu par le Capitaine d’Hermitte, sous les ordres du Gouverneur Pierre Benoît Dumas. Il est arrêté et condamné à la pendaison en juillet 1730. Avant d’être pendu, il lancera un parchemin en hurlant : « A celui qui découvrira mes trésors».

Jusqu’à ce jour le trésor n’a jamais été retrouvé, certains disent qu’il serait cachait dans la Ravine à Malheurs, à bon entendeur…

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Voici une petite aide pour ceux qui tenteraient l’aventure. Il s’agit d’une transcription possible du cryptogramme du pirate.

(photos libres de droit Wikipédia)

A ton tour pirate, tente ta chance et vérifie que tu as bien compris en testant tes connaissances. (lien)

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Les Sourds avec un « S » majuscule

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de mon métier. On verra en quoi il est en lien avec le FLE (Français Langue Etrangère).

Retranscritpion : « Bonjour, je m’appelle L A W O I R I, j’habite à la Réunion dans la ville de Saint-André »

Les signes employés (dans l’ordre d’apparition) : Bonjour, prénom, L, A, W, O, I, R, I, habiter, île de la Réunion, où?, ville, Saint-André.

Le français est la langue seconde dans plusieurs pays du monde. Cependant, il existe des français nés en France métropolitaine ou dans les DOM TOM de parents Français, pourtant le français n’est pas leur langue première, ce sont les Sourds nés de parents sourds ou évoluant dans un environnement ou la langue des signes est utilisée. (5% des Sourds seulement naissent dans une famille Sourde. Pour les autres beaucoup choisiront l’implant)

L’élève sourd lorsqu’il entre à l’école, ne maîtrise pas le français oral, mais maîtrise la LSF (Langue des Signes Française) à un niveau comparable à celui du français des entendants. La langue de travail autour de l’apprentissage de l’écrit sera la LSF et la didactique du français ressemblera à une didactique du français langue étrangère.

Concernant l’oral du français, comme pour les activités d’écoute ou de chant en musique, il est très important de faire attention de ne pas demander à l’élève quelque chose qu’il ne serait pas en mesure de faire. Toute activité autour de l’oral doit tenir compte du rapport que l’élève entretient avec sa parole orale et du sens que cela prend pour lui de s’exprimer oralement.

Après cette brève introduction, on peut se demander qu’est ce que la LSF ? Comment faire le lien entre la LSF et le français ? Quels problèmes la surdité entraîne-t-elle dans la vie de tous les jours ? Et pour finir, qu’en est-il de la situation à la Réunion ?

La Langue des Signes Française (LSF)

467px-Charles-Michel_de_L'ÉpéeTout d’abord un bref rappel historique. Les Sourds ont toujours communiqué par des signes, comme en témoigne le livre de Platon (philosophe grec), Cratyle, écrit il y a plus de 2500 ans, où Socrate dit :

« Si nous étions privés de langue et de voix,…, ne chercherions-nous pas à nous faire comprendre, comme les muets, au moyen des signes de la main, de la tête et de tout le corps ? ».

Au 18ème siècle, l’Abbé de l’épée, alors qu’il cherche à se protéger de la pluie, entre dans une maison. Là, il rencontre 2 jumelles Sourdes qui communiquent entre elles par un langage qu’elles ont développées. Il décide de créer un langage gestuel. L’histoire se poursuit est ce langage va faire émerger petit à petit une culture Sourde, que partage des milliers de Sourds. En 1880, le Congrès de Milan va décréter, avec 163 voix contre 1, le seul Sourd du congrès, l’interdiction de la LSF. Celle-ci est interdite au profit de l’oralisation (parler plutôt que d’utiliser les gestes). Les écoles de langue des signes sont fermées et les enseignants renvoyés.

Il faut attendre 1991,  pour que la langue des signes soit de nouveau autorisée dans les écoles, et 2005 pour qu’elle soit reconnue comme langue officielle.

Alors la langue des signes c’est quoi ?

431px-Alphabet_LSFAlors que toutes les langues du monde se construisent de manière linéaire, avec des noms, des verbes, des compléments, des indicateurs de temps, la LSF est une langue spatiale. Elle n’utilise pas les sons, mais la main (configuration, orientation, emplacement par rapport au corps, mouvement) et le plus important l’expression du visage.

Le Sourd construit donc ses phrases à la manière d’un metteur en scène : Il plante son décor, fait entrer en scène les personnages, joue l’action, et la scène prend vie.

La LSF est une langue très structurée, puisqu’elle a son propre alphabet, sa grammaire, sa syntaxe et un vocabulaire qui couvre tous les domaines. Il faut aussi souligner que l’expression du visage donne aux adjectifs notamment, une infinité de nuance que l’on ne trouve pas dans les langues.

Le vocabulaire est très imagé, basé sur les formes, l’histoire, le bon sens, … Les mots ont même une étymologie. On retrouve comme spécificité de la LSF, le transfert où celui qui signe joue le rôle des personnages dont il parle. Il peut ainsi faire plusieurs personnages à la fois, ce qui nécessite une très bonne gestion de l’espace.

La LSF, n’est pas internationale, mais là où il faut au moins un an pour un entendants pour apprendre et se faire comprendre dans une autre langue, un Sourd mettra 15 jours maximum à s’adapter à la langue des signes locale.

Comme toutes les autres langues, elle a ses variantes régionales.

Comment faire le lien entre la LSF et le français ?

Pour apprendre le français à l’oral (oui les sourds parlent !), les Sourds font de nombreuses séances d’orthophonie pour apprendre à prononcer les sons et maîtriser le volume de leur voix. Pour l’écrit, ils suivent des cours similaires aux entendants, mais ils utilisent ce que l’on appelle le « français signé ». Il s’agit d’utiliser les signes de la LSF, mais avec la syntaxe du français, ainsi le cours de français peut leur être donné en LSF. (Je ne parle pas ici des Sourds qui portent un appareil)

Quels problèmes dans la vie de tous les jours ?

Les sourds peuvent tout faire sauf entendre ! Cependant, pour tout ce qui touche à la communication, cela devient compliqué. Pour faire face, ils vont utiliser un interprète, lire sur les lèvres, passer par l’écrit. Avec les moyens actuels de communication, les Sourds peuvent communiquer via internet, les SMS (message téléphonique), les interfaces de communication.

Si vous devez appeler un Sourd, n’hésitez pas à lui taper sur l’épaule, à allumer et éteindre la lumière, à taper sur le sol pour émettre des vibrations. Quand vous leur parlez, répétez plusieurs fois s’il le faut, articulez sans exagérer, utilisez les mimes et surtout, ne lui tournez jamais le dos !!!

Un autre problème concernant les Sourds, est celui lié à l’illettrisme, qui touche plus de la moitié des Sourds.

La situation à la Réunion ?

Il y a plus de 34 000 déficients auditifs sur l’île, dont plus de la moitié n’entendent quasiment pas (oui il y a des degrés de surdité). En métropole, il y en plus de 5 millions, dont un tiers qui n’entendent quasiment rien. Il existe un centre qui gère le handicap sensoriel qui s’appelle La Ressource. Il y a également 2 centres pour apprendre la LSF, l’IREF et la LSFR, qui se trouvent tous deux sur Saint-Denis dans le Nord de l’île. Beaucoup d’élèves sont scolarisés avec des entendants et sont généralement accompagnés d’AVS (assistant de vie scolaire) : mon métier durant la journée.

Au niveau de l’emploi, les Sourds sont généralement fortement touchés par le chômage, à la Réunion ils sont 65% de chômeurs, dont 38% ont moins de 20 ans.

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(les chiffres viennent d’une enquête menée par l’Observatoire Régional de la Santé de La Réunion. Merci à l’ORS pour son autorisation de diffusion)

Quelques points culturels pour finir :

  • Les Sourds en plus d’avoir leur prénom ont un prénom signé (un signe qui les définit)
  • Les Sourds ne se considèrent pas comme handicapés, ils sont Sourds, c’est tout !
  • Les Sourds ont une culture qui leur est propre (pièces de théâtre, magazines (art ‘pi,…), poésies,
  • Les Sourds ont leurs expressions,
  • Les Sourds préfèrent qu’on les appelle Sourd (avec un « S » majuscules), plutôt que malentendant ou déficient auditif.

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(images libres de droit issues du site Wikipédia)

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Saint-Expédit

stexpTous les jours, quand je circule sur l’île de la Réunion, pour aller travailler, ou le weekend quand je promène sur l’île, je le croise. Mais qui est-il ?

Saint Expédit serait en fait un légionnaire Romain, dont le vrai nom serait Elpide. Il faisait parti d’un groupe d’élite de l’armée, les expéditus, et était donc chargée de mission difficile, un peu à la manière des commandos d’aujourd’hui. Un jour, le chef de la garnison apprend qu’Elpide s’est converti au catholicisme (la religion catholique). Il décide de le faire tuer. Elpide n’abjurera (renier) pas sa foi et mourra  donc en martyr, est deviendra

Maintenant, vous aller me dire : « tout cela c’est joli, mais Rome, c’est loin ! ». En effet ! Donc comment est-il arrivé à la Réunion ?

En 1930, Madame Chatel, se trouve à Marseille. Elle doit d’urgence retourné à la Réunion. Elle se rend au port pour prendre un billet de bateau. Malheureusement, il n’y a plus de place. Cependant, elle insiste, elle insiste. Le guichetier finit par lui dire pour se débarrasser d’elle : « Vous n’avez qu’à aller prier Saint-Expédit. Moi, je ne peux rien faire pour vous ! ».

Et Madame Chatel, s’exécute. Elle va prier Saint-Expédit dans l’église à côté du port de Marseille, puis revient au port, et devinez quoi ? Elle trouve une place de bateau. Pour le remercier, elle achète plein de statuette du saint et les amène à la Réunion ! Voilà comment est arrivé Saint-Expédit à la Réunion.

(N’oubliez pas de réaliser le test de compréhension  en suivant ce lien)

Merci à Georges Soubou de Kréoler TV pour son autorisation de diffusion

Ressources : zistoire la reunion d’Enis Omar Rockel

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Communauté Tamoul

(suite à cette lecture vous pourrez effectuer un petit quizz en suivant ce lien)

Comme vous le savez déjà, j’habite à Saint-André, la ville tamoule, comme beaucoup le disent ici. C’est vrai que quand on se balade dans la ville entre les temples, les processions, les sons de cloche et les boutiques, on est servi. Mais d’où viennent-ils ? Et qui sont-ils ? D’abord un peu d’histoire.

En 1848, l’esclavage est aboli. Cependant, le besoin de main d’œuvre reste important à cause de la culture de la canne. Les propriétaires terriens vont faire appel à ce que l’on appelle des « travailleurs engagés », notamment en provenance d’Inde du Sud. Cette forme d’esclavage déguisée sera interdite en 1859.

Court rappel audio de ce qu’a été l’engagisme

C’est ainsi que la communauté tamoule est arrivée à la Réunion avec ses religions, ses traditions et sa culture. Elle fut également autorisée à construire des temples que l’on retrouve sur toute l’île, comme le magnifique temple de Champ borne.

De nos jours, les traditions se perpétuent. On voit fréquemment défiler des processions (c’est un défilé que l’on effectue pour une célébration religieuse) avec les fidèles en tenue traditionnelle. On peut assister à des marches sur le feu, ou encore plus spectaculaire, au Cavadee. En effet, lors de cette cérémonie les fidèles se percent le corps, et font des sacrifices d’animaux à tous les carrefours (croisement entre deux routes). Cependant, il ne faut pas oublier l’aspect spirituel (relation avec Dieu) de cette religion qui incite au carême et à la méditation. Pour finir, il ne faut pas oublier la fête du Dipavali, fête des lumières en l’honneur de la déesse Lakshmi, durant laquelle les fidèles illuminent la nuit par leurs bougies, et le défilé des chars. Le lendemain à lieu le Holi-Holi la fête des couleurs où tous les participants se jettent de la poudre de riz de toutes les couleurs, amusement garanti.

En avril, nous passerons en l’an 5115, un bon saut vers le futur !!!

Voici une vidéo du nouvel an tamoul de 5113. Merci à Intervalle Prod pour son autorisation de diffusion.

TAMIJ OLI from Intervalle Prod on Vimeo.

Pour finir une vidéo personnelle prise lors de la cérémonie du Cavadee. ÂME SENSIBLE S’ABSTENIR !!!

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Elie le révolté

 « A l’instant où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent. »  

Gandhi  

new-elie-affiche-2013-e869562Cette citation il faut la méditer. Elle est à la base de toutes les révoltes des peuples opprimés. Tous les pays dans le monde ont connu un jour ce moment de révolte, qui en général, est associé à un homme ou une femme. La Réunion ne fait pas exception à la règle. Ce qui est étonnant c’est que lorsque je pose la question : « avez-vous un héros national ? », je n’obtiens généralement pas de réponse.

L’événement dont je vais vous parler, est un événement omis des livres d’histoire. Il s’agit de la seule et unique révolte d’esclave de l’île de la Réunion. Celle menée par Elie en novembre 1811.

Entre 1806 et 1807, l’île fut frappée par deux cyclones. Les récoltes de la ville de Saint-Leu furent détruites et pour ne rien arranger, les caféiers furent atteints par une maladie. Pour faire face à la crise économique entraînée par ces événements, il fallait trouver une solution, la canne à sucre. Le problème c’est que la canne à sucre nécessite beaucoup de main d’œuvre, c’est-à-dire à l’époque, des esclaves.

Les conditions dans lesquelles les esclaves travaillaient étaient affreuses. Les propriétaires touchés par la crise les nourrissaient mal, de plus, ils devaient travailler sous le soleil de l’ouest de l’île (ceux qui habitent l’ouest de l’île me comprennent).

En 1809, l’île passe sous le contrôle des Anglais. Ces derniers vont dissoudre les garnisons françaises laissant Saint-leu sans Autorités. Conditions de travail difficiles, absence d’autorité, il n’en fallait pas plus.

Le 5 novembre 1811, la révolte est lancée, avec Elie est ces frères en tête. Certains esclaves restés fidèles à leurs maîtres vont les prévenir. Après deux morts côtés propriétaires, ces derniers vont tendre une embuscade aux esclaves, en se servant d’esclaves fidèles comme appât. Elie et son groupe de révoltés vont rejoindre un groupe d’esclaves faussement révoltés. Les propriétaires juste à côté les attrape et mettent fin à la révolte. 30 esclaves, dont Elie seront exécutés. Il aura connu un moment de liberté 37 ans avant l’abolition de l’esclavage.

Un film a récemment était produit par Kapali dont voici quelques séquences. A voir également quelques reportages réalisés par la chaîne Télé Kréol.

Merci à Kapali Studio et à Télé Kréol pour leur autorisation de diffusion.

Voir aussi l’histoire dans le détail sur Wikipédia et le site noutkabar.

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Sitarane

J’ai visité le cimetière où est enterré Sitarane. Là, j’ai vu des têtes de poules, des verres de rhums. Je me suis demandé pourquoi toutes ces offrandes ? Mais d’abord, qui est Sitarane ?

Sitarane est un assassin et un voleur qui a défrayé la chronique au début du siècle dernier. Ce personnage, originaire du Mozambique, est arrivé à la Réunion en tant qu’engagé à l’âge de 30 ans. Avec une force surprenante (il aurait un jour tué un taureau qui le chargé, d’un coup de poing) il travaillait durement et tout le monde était satisfait de son travail. Mais un jour, lassé de son quotidien il entre dans la clandestinité, en quittant le domaine dans lequel il s’était engagé à travailler. Il fait la connaissance de Pierre Elie Calendrin, alias « Saint-Ange », un criminel qui pratiquer la magie noir. Avec lui et d’autres, ils vont voler, cambrioler, tuer et même boire le sang de leurs victimes. Beaucoup se demandent encore, comment ils faisaient pour s’introduire dans les « cases » de leur victime ?

Finalement, Sitarane sera condamné à mort et guillotiné, alors que Saint-Ange, contre tout attente, sera condamné au bagne et envoyer en Guyane Française.

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Sitarane juste avant son exécution

Aujourd’hui encore la tombe de Sitarane fait l’objet de cérémonies occultes. Certaines personnes désirant commettre des délits, voire des meurtres viendraient prier Sitarane de les aider.

Il existe, pour ceux qui le souhaite, un film réalisé par KAPALI STUDIOS, dont voici l’affiche.

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Merci à KAPALI STUDIOS pour son autorisation de diffusion.

     

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Bonne année du cheval à la communauté chinoise

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Comme chaque année entre 21 janvier et le 19 février, la communauté chinoise attend le premier jour de la nouvelle lune pour changer d’année. C’est chose faite depuis hier vendredi 31 janvier, où nous sommes passés de l’année de serpent à celle du cheval.

La communauté chinoise réunionnaise a débuté les festivités. Au rendez-vous, danse du dragon, danse du lion, explosion de pétards pour chasser les démons et implorer la paix et le bonheur pour la nouvelle année, enveloppe contenant de l’argent.

(voici une musique consacrée à la nouvelle année)

Pour la dégustation trouvera les traditionnels « nian gao », littéralement  « gâteau (gāo) de l’an (nián) », une sorte de gâteau de riz parfumé au haricot rouge. On sert également un plateau fait de 8 compartiments contenant des fruits, des friandises et des graines. Chacune des 8 sortes d’aliments correspond à un vœu.

La fête va durer jusqu’au dimanche 16 février, donc pour ceux qui serait sur l’île de la Réunion à ce moment là, qu’il n’hésite pas à faire un tour rue de Sainte-Anne à Saint-Denis au Temple Chane, ils pourront participer à la fête des lanternes qui clôturera les festivités. Des démonstrations et initiations gratuites aux activités artistiques et de danse chinoise, wushu, mah-jong et jeu de go seront également proposées. (Voir programme)

Alors Bonne Année !

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Images gif gratuites du site www.gifsdomi.com

Voici une vidéo du nouvel chinois de 2011, on y voit notamment une danse du lion. Merci à Bernard Tiafvoon (B.T. Images Production) pour son autorisation de diffusion.

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Case créole

L’un des premiers mots que l’on apprend arrivé à la Réunion, est le mot case : « Mi rent mon case », « mi sa va la case » (je rentre chez moi). Mais qu’est-ce donc qu’une case ?

C’est une maison en bois, recouverte de bardeaux (lattes en bois) ou de tôles avec une varangue. Celle-ci est ouverte aux vents et sert de lieu d’accueil pour les invités. La taille de ces cases dépend des moyens et de la taille de la famille. Si celle-ci s’élargit, on pourra agrandir la case. (voici quelques photos personnelles)

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Pour pouvoir voir ce qui ce passe dans la rue sans être vu, certains construisent un guétali, une sorte de kiosque suspendu.

          

Le plus important étant bien sûr le jardin. Les réunionnais sont très attachés à la nature, à la terre et beaucoup d’habitants du Chaudron après avoir quitté leurs cases en tôle pour les logements sociaux en mal vécut cette séparation. On voit d’ailleurs aux abords des bâtiments des jardins potagers où les habitants tentent de maintenir cette relation avec la terre.

N’hésiter pas à regarder cette vidéo « Case créole de la Réunion« , du site du Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP) de l’académie de la Réunion.

Egalement une vidéo de Nathalie et Paul Clodel qu’ils ont montée suite à une exposition sur le thème de la  case créole.

 

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Tiburce

Tiburce est une bande dessinée (BD) amusante publiée par Téhem, de son vrai nom Thierry Maunier, un Réunionnais né à Paris où il suit des études artistiques avant de devenir lui-même professeur d’arts plastiques. Cette BD raconte les aventures de Tiburce et de Salomé dans laquelle on retrouve tous les clichés réunionnais, notamment celui de la famille créole ou de la famille métropolitaine. Plusieurs personnages sont inspirés de la réalité comme Mémé Fiorida inspirée de la grand-mère de Téhem, ou Law-Law l’épicier inspiré d’un voisin.


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Salomé vient s’installer à la Réunion suite au transfert de son père gendarme sur l’île. Elle fait la connaissance de Tiburce un petit créole avec qui elle va découvrir la culture locale : le jeu du pneu à bâtons, le gâteau patate et l’épicerie chinoise.

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Sous la forme de trois vignettes, on découvre ,par exemple, comment construire une harpe avec des « l’endormi » (caméléon en créole), comment utiliser un distributeur de macatias (sorte de pain rond brioché) automatique.

A découvrir pour tous ceux, adultes et enfants, qui voudraient découvrir La Réunion de façon amusante.

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La Réunion des cultures

S’il existe un lieu qui porte bien son nom dans ce monde, c’est bien l’île de La Réunion. Ici cohabitent différentes religions, différentes cultures qui ont su préserver leur identité en respectant les autres.

Catholiques, hindous, bouddhistes, musulmans, protestants, juifs et athées ont su d’adapter intelligemment les uns aux autres. Une grande ouverture d’esprit, des lieux de cultes ouverts à tous, un métissage réussi ont permis aux Réunionnais de vivre en paix loin des guerres ethniques qui existent dans différentes régions du monde.

Chaque grande ville a son temple, son église, sa mosquée, sa pagode. Ainsi, tout le monde, peut trouver sa place sur cette île, mais avec une condition tout de même, être TOLERANT.

Une belle leçon d’universalisme (idée selon laquelle il n’y pas de différences entre les êtres humains).

 METIS

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station radio

Voici quelques stations radios qui vous permettront de faire connaissance avec les Réunionnais, leurs musiques, mais aussi de vous informez sur l’actualité et les débats du moment

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