Les enfants de la creuse

loi 1963 bumidom

Au début des années 60, la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion sont dans une situation difficile : le chômage, la misère et la population augmentent de manière importante. Dans le même temps, des zones entières de la métropole manquent de mains-d’œuvre. Le gouvernement trouve une solution effroyable qui va entrainer le départ de leur île de milliers de jeunes et d’enfants. Cette solution c’est le bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer, le BUMIDOM.

Pour parvenir au départ des jeunes, le gouvernement propose une offre alléchante : un logement et un travail. Sudel Fuma, historien Réunionnais, confirme cela :

« Ces dernières promettaient aux parents un avenir de médecin ou d’avocat pour leurs enfant, on présentait la France comme un eldorado. Ces parents ont été victime d’une escroquerie morale. Les services sociaux leurs disaient que leurs enfants reviendraient pour les vacances ».
 
 

Pour les enfants, les méthodes seront plus directives. Les pupilles (orphelin mineur placé sous la garde d’une personne ou d’une collectivité) seront envoyés d’office, des assistantes sociales seront déployées sur toute l’île pour récupérer le maximum d’enfants. Ainsi, pour les familles qui vivaient dans des maisons insalubres (qui constitue un danger pour la santé), dans les familles où le père était alcoolique, les familles qui gardaient un enfant sans avoir d’autorisation légale, les enfants étaient conduits chez les assistantes sociales avant d’être envoyer en métropole.

Pour ce qui est de la Réunion, le BUMIDOM fera 37 473 personnes déplacées. Parmi elles, ceux que l’on appellera les enfants de la Creuse.

De 1963 à 1982, 1 630 enfants Réunionnais ont été arrachés à leur île natale et envoyés, pour la plupart, dans la Creuse et en Lozère. Le scandale éclate le 30 janvier 2002, lorsque Jean-Jacques Martial, un Réunionnais exilé en 1966, dépose plainte pour « enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation ». Parmi eux, Parmi eux, Marie-Thérèse Gasp, forcée de quitter la Réunion en 1966 pour atterrir dans la Creuse. Voici son témoignage (la version complète sur info.sfr.re) :

« A l’âge de trois ans j’ai été envoyée dans la Creuse. Je faisais partie du grand nombre de pupilles réunionnais en 1966 et 1967 envoyés dans l’hexagone et qui ont servi de test. Je fais partie des enfants de la Creuse. Je suis restée un an dans un foyer d’enfance avant d’être adoptée par un couple de la Sarthe. On a testé mon comportement et on a effacé ma créolité.

A 18 ans j’ai cherché à connaître mon passé. Je me sentais plus libre et j’ai voulu retrouver ma famille d’origine. J’ai tenté d’obtenir mon dossier d’adoption en 1984. Mais j’ai dû attendre plusieurs années avant de l’obtenir ».

Elle réussira à reprendre contacte avec sa mère biologique en 1991.

Après plus de 50 ans, le gouvernement vient enfin d’adopter il y a quelques jours, une loi reconnaissant la responsabilité de l’Etat dans l’affaire dite des « Enfants de la Creuse ».

Voici un témoignage vidéo de l’un de ces enfants

art journal

affiche-une-enfance-en-exil-2013

Merci à Kapali Studio pour l’autorisation de diffusion de sa revue de presse et l’affiche de son film « une enfance en exil »

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Voici là, un documentaire radio un peu plus compliqué à comprendre.

Ressources :

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4 Commentaires

4 réflexions sur “Les enfants de la creuse

  1. BUTZ Dieter

    Mon commentaire été fait sur ce point ; il me semble qu’il a été supprimé, alors que je ne disais rien que la vérité !….. Mais c’est vrai que la vérité blesse pour ceux qui sont de près ou de loin mêlés à cette sombre histoire. B . D

    • Bonjour Dieter, il y a un moment que je ne travaille plus sur ce site, il n’y avait donc aucun objectif à vous censurer, puisqu’il s’agit d’un travail d’information et non d’un travail politique, tous les avis sont importants. Votre message a dû m’échapper et je m’en excuse. Je vous invite donc à faire de nouveau votre commentaire que je publierai sans en enlever une virgule. Merci

  2. BUTZ Dieter

    Je vous remercie de me laisser à nouveau la possibilité de m’exprimer sur le sujet des enfants de la Creuse . étant moi même un ancien pupille de l’assistance publique malgré moi ; puisque mon cas est comparable aux enfants de la Creuse étant entendu, que j’ai été rapatrié d’Allemagne en 1947, bien que je sois né de parents Allemands ; je sais combien, il est préjudiciable de ne connaître son origine, l’absence d’identité, de repère, d’amour ; ne pas comprendre les causes de notre état de gosse de l’assistance, ne pas avoir eu une attention toute particulière dans le système éducatif ; nous sommes des tarés aux yeux des administrations,responsables de notre aliénation ; la France est responsable de ses actes de déportation d’enfants innocents que l’on peut qualifier de crime contre l’humanité ; elle doit publiquement reconnaître ses erreurs, en présentant ses excuses auprès de ces personnes ; comme elle a reconnue certains genocide dans ce monde ingrat…….. BUTZ Dieter

    • Vous avez raison. Cette simple reconnaissance permettra à beaucoup de personnes de se reconstruire ou de faire le travail de résilience qui permet de vivre avec ses souffrances. En tout cas merci pour votre témoignage.

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