Personnages

Je me nomme Furcy et je suis né libre…

furcy procès« Je me nomme Furcy. Je suis né libre dans la maison Routier, fils de Madeleine, Indienne libre, alors au service de cette famille. Je suis retenu à titre d’esclave chez Monsieur Lory, gendre de Madame Routier. Je réclame ma liberté : voici mes papiers ».

Voici les mots que l’on peut lire dans le livre de Mohammed Aïssaoui,  » L’Affaire de l’esclave Furcy «  qu’aurait prononcé Furcy pour réclamer sa liberté. Son histoire illustre bien la résistance des propriétaires d’esclaves à l’idée abolitionniste. Furcy est né libre puisque sa mère Madelaine avait été affranchie. Sa sœur, qui elle est libre, se fait aider d’un avocat, Maître Sully-Brunet bien décidé à lui faire retrouver sa condition d’homme libre, « né libre et esclave maintenant par la cupidité d’un homme », et un procureur qui va ruiner sa carrière pour cela, louis-Gilbert Boucher. Lorsque Furcy porte plainte contre son maître, c’est une première dans l’histoire, pire que le marronnage, puisque cette action pourrait donner à d’autre esclave l’idée de portait plainte.

acte d'affranchissement de la mère de Furcy

acte d’affranchissement de la mère de Furcy

Son maître, Joseph Lory, ne veut se laisser faire, et voyant le vent tourner en sa défaveur décide d’envoyer Furcy sur l’île Maurice. L’affaire prend une telle ampleur que Furcy se voit proposé la liberté par affranchissement, ce qu’il refusera, comprenant que sa démarche pourrait permettre à d’autres de se libérer également.

furcy gardien

27 années de combat seront nécessaires pour qu’il retrouve sa liberté le 23 décembre 1843, cinq ans avant l’abolition de l’esclavage.

Pour aller plus loin :

Merci au site Tarmac pour son autorisation de diffusion.

 

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Anne Mousse, grand-mère des Réunionnais

Dimanche 13 avril de l’an 345, à la veille du nouvel an …

Non il ne s’agit pas d’un nouvel an d’une quelconque religion, je ne viens pas non plus de créer une secte rassurez-vous ! Il y a  quelques jours, j’ai lu un article concernant la première femme née à la Réunion, Anna Mousse. L’article faisait référence à un groupe indépendantiste réunionnais, qui souhaitait prendre une fois l’indépendance de la Réunion retrouvée, il prendrait la date de naissance d’Anne, c’est-à-dire le 14 avril 1668, comme date de départ du calendrier de l’île de la Réunion libre. Sans rentrer dans ces polémiques, je voulais rendre hommage à l’une de ces grands-mères du peuple Réunionnais.

 En 1663, un bateau avec à son bord 12 personnes, 2 Français et des 10 serviteurs Malgaches, arrivent sur l’île de la Réunion, parmi eux, Jean Mousse et Marie Caze. Ce très jeune couple met au monde 5 ans plus tard, une petite fille, la première à naître sur l’île. La petite famille part s’installer à Sainte-Marie.

Entrée du quartier Sainte-Marie 1883. Lith. A. Roussin.

Entrée du quartier Sainte-Marie 1883. Lith. A. Roussin.

A 19 ans, elle épouse Noël Tessier, un Breton qui a 34 ans de plus qu’elle. Ils auront 8 enfants, qui élèveront à Sainte-Marie. Là, ils cultivent du blé, du riz, des légumes et bien sûr la canne à sucre. Son mari meurt quand elle a 53 ans. Elle se remarie avec un jeune Portugais avec qui elle n’aura pas d’enfants.

Anne est une femme infatigable. Après avoir passé toute sa vie dans les champs, dans la culture vivrière, puis la culture de la canne à sucre, elle se lance dans le café. Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que lorsqu’Anne est née, il n’y avait rien, tout était à construire, cette femme n’est pas seulement l’une des « grands-mères » des Réunionnais, elle a également construit, développé cette île et ses enfants sont parmi les premiers métisses de l’île.

Eglise du quartier Sainte-Marie 1860.Lith. A. Roussin.

 Anne est très pieuse, aussi elle fait construire une chapelle en l’honneur de Sainte-Anne. Celle-ci sera détruite en 1727 par un cyclone. A sa mort en 1733, elle demandera à sa famille de reconstruire une église, ainsi qu’un cimetière, ce qui sera fait, par ses fils, mais également ses gendres à savoir un Descotes, un Maillot, un Damour, un Crosnier et un Bègue, l’histoire la Réunion était lancée …

(après avoir visionné la vidéo, vous pourrez faire un petit test)

Pour aller plus loin :

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A celui qui découvrira mes trésors !

Je passais aujourd’hui devant le cimetière marin de Saint-Paul où est enterrée la Buse, et je me suis dit que l’on oublie souvent que l’Océan Indien a longtemps été une terre de pirates. Je vais donc vous conter son histoire…

La Buse, de son vrai nom Olivier Le Vasseur, est un pirate très célèbre. On l’a appelé La Buse à cause de la vitesse à laquelle il attaquait les navires, à la manière d’une buse sur sa proie. Son père était déjà un pirate, celui-ci lui enseignera tout ce qu’il faut savoir pour être un bon pirate, puis il suivra ses traces.

Il commence ses actes de piraterie dans les Antilles, mais les grands empires de l’époque traquent les pirates dans tout l’Océan Atlantique. Le pirate comprend qu’il vaut mieux changer de secteur. Il se rend dans l’Océan Indien où plusieurs bateaux transitent chargés de marchandises venant des Indes et chargés d’or, de diamants et de tout ce qui remplit de trésors les coffres.

Un jour il sera pris en chasse par deux navires, il réussit à fuir, mais échoue son bateau sur les côtes de Mayotte. La Reine des Indes, Le bateau que lui avait légué son père est détruit. Il s’associe à un autre pirate, très célèbre également, John Taylor, qui lui propose de s’associer avec lui. Au large du Barachois, ils croisent un navire portugais chargé d’or, qu’ils attaquent à coups de canons, puis ils volent le navire. La Buse a à nouveau un bateau, La Vierge du Cap.

Après cette prise et quelques aventures La Buse part se cacher à Madagascar, sur l’île de Sainte-Marie, et tente de se faire oublier.


Vers 1729, La Buse est reconnu par le Capitaine d’Hermitte, sous les ordres du Gouverneur Pierre Benoît Dumas. Il est arrêté et condamné à la pendaison en juillet 1730. Avant d’être pendu, il lancera un parchemin en hurlant : « A celui qui découvrira mes trésors».

Jusqu’à ce jour le trésor n’a jamais été retrouvé, certains disent qu’il serait cachait dans la Ravine à Malheurs, à bon entendeur…

cryptogramme-la-buse

Alphabet_de_la_buse

Voici une petite aide pour ceux qui tenteraient l’aventure. Il s’agit d’une transcription possible du cryptogramme du pirate.

(photos libres de droit Wikipédia)

A ton tour pirate, tente ta chance et vérifie que tu as bien compris en testant tes connaissances. (lien)

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Saint-Expédit

stexpTous les jours, quand je circule sur l’île de la Réunion, pour aller travailler, ou le weekend quand je promène sur l’île, je le croise. Mais qui est-il ?

Saint Expédit serait en fait un légionnaire Romain, dont le vrai nom serait Elpide. Il faisait parti d’un groupe d’élite de l’armée, les expéditus, et était donc chargée de mission difficile, un peu à la manière des commandos d’aujourd’hui. Un jour, le chef de la garnison apprend qu’Elpide s’est converti au catholicisme (la religion catholique). Il décide de le faire tuer. Elpide n’abjurera (renier) pas sa foi et mourra  donc en martyr, est deviendra

Maintenant, vous aller me dire : « tout cela c’est joli, mais Rome, c’est loin ! ». En effet ! Donc comment est-il arrivé à la Réunion ?

En 1930, Madame Chatel, se trouve à Marseille. Elle doit d’urgence retourné à la Réunion. Elle se rend au port pour prendre un billet de bateau. Malheureusement, il n’y a plus de place. Cependant, elle insiste, elle insiste. Le guichetier finit par lui dire pour se débarrasser d’elle : « Vous n’avez qu’à aller prier Saint-Expédit. Moi, je ne peux rien faire pour vous ! ».

Et Madame Chatel, s’exécute. Elle va prier Saint-Expédit dans l’église à côté du port de Marseille, puis revient au port, et devinez quoi ? Elle trouve une place de bateau. Pour le remercier, elle achète plein de statuette du saint et les amène à la Réunion ! Voilà comment est arrivé Saint-Expédit à la Réunion.

(N’oubliez pas de réaliser le test de compréhension  en suivant ce lien)

Merci à Georges Soubou de Kréoler TV pour son autorisation de diffusion

Ressources : zistoire la reunion d’Enis Omar Rockel

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Elie le révolté

 « A l’instant où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent. »  

Gandhi  

new-elie-affiche-2013-e869562Cette citation il faut la méditer. Elle est à la base de toutes les révoltes des peuples opprimés. Tous les pays dans le monde ont connu un jour ce moment de révolte, qui en général, est associé à un homme ou une femme. La Réunion ne fait pas exception à la règle. Ce qui est étonnant c’est que lorsque je pose la question : « avez-vous un héros national ? », je n’obtiens généralement pas de réponse.

L’événement dont je vais vous parler, est un événement omis des livres d’histoire. Il s’agit de la seule et unique révolte d’esclave de l’île de la Réunion. Celle menée par Elie en novembre 1811.

Entre 1806 et 1807, l’île fut frappée par deux cyclones. Les récoltes de la ville de Saint-Leu furent détruites et pour ne rien arranger, les caféiers furent atteints par une maladie. Pour faire face à la crise économique entraînée par ces événements, il fallait trouver une solution, la canne à sucre. Le problème c’est que la canne à sucre nécessite beaucoup de main d’œuvre, c’est-à-dire à l’époque, des esclaves.

Les conditions dans lesquelles les esclaves travaillaient étaient affreuses. Les propriétaires touchés par la crise les nourrissaient mal, de plus, ils devaient travailler sous le soleil de l’ouest de l’île (ceux qui habitent l’ouest de l’île me comprennent).

En 1809, l’île passe sous le contrôle des Anglais. Ces derniers vont dissoudre les garnisons françaises laissant Saint-leu sans Autorités. Conditions de travail difficiles, absence d’autorité, il n’en fallait pas plus.

Le 5 novembre 1811, la révolte est lancée, avec Elie est ces frères en tête. Certains esclaves restés fidèles à leurs maîtres vont les prévenir. Après deux morts côtés propriétaires, ces derniers vont tendre une embuscade aux esclaves, en se servant d’esclaves fidèles comme appât. Elie et son groupe de révoltés vont rejoindre un groupe d’esclaves faussement révoltés. Les propriétaires juste à côté les attrape et mettent fin à la révolte. 30 esclaves, dont Elie seront exécutés. Il aura connu un moment de liberté 37 ans avant l’abolition de l’esclavage.

Un film a récemment était produit par Kapali dont voici quelques séquences. A voir également quelques reportages réalisés par la chaîne Télé Kréol.

Merci à Kapali Studio et à Télé Kréol pour leur autorisation de diffusion.

Voir aussi l’histoire dans le détail sur Wikipédia et le site noutkabar.

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Sitarane

J’ai visité le cimetière où est enterré Sitarane. Là, j’ai vu des têtes de poules, des verres de rhums. Je me suis demandé pourquoi toutes ces offrandes ? Mais d’abord, qui est Sitarane ?

Sitarane est un assassin et un voleur qui a défrayé la chronique au début du siècle dernier. Ce personnage, originaire du Mozambique, est arrivé à la Réunion en tant qu’engagé à l’âge de 30 ans. Avec une force surprenante (il aurait un jour tué un taureau qui le chargé, d’un coup de poing) il travaillait durement et tout le monde était satisfait de son travail. Mais un jour, lassé de son quotidien il entre dans la clandestinité, en quittant le domaine dans lequel il s’était engagé à travailler. Il fait la connaissance de Pierre Elie Calendrin, alias « Saint-Ange », un criminel qui pratiquer la magie noir. Avec lui et d’autres, ils vont voler, cambrioler, tuer et même boire le sang de leurs victimes. Beaucoup se demandent encore, comment ils faisaient pour s’introduire dans les « cases » de leur victime ?

Finalement, Sitarane sera condamné à mort et guillotiné, alors que Saint-Ange, contre tout attente, sera condamné au bagne et envoyer en Guyane Française.

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Sitarane juste avant son exécution

Aujourd’hui encore la tombe de Sitarane fait l’objet de cérémonies occultes. Certaines personnes désirant commettre des délits, voire des meurtres viendraient prier Sitarane de les aider.

Il existe, pour ceux qui le souhaite, un film réalisé par KAPALI STUDIOS, dont voici l’affiche.

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Merci à KAPALI STUDIOS pour son autorisation de diffusion.

     

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Tiburce

Tiburce est une bande dessinée (BD) amusante publiée par Téhem, de son vrai nom Thierry Maunier, un Réunionnais né à Paris où il suit des études artistiques avant de devenir lui-même professeur d’arts plastiques. Cette BD raconte les aventures de Tiburce et de Salomé dans laquelle on retrouve tous les clichés réunionnais, notamment celui de la famille créole ou de la famille métropolitaine. Plusieurs personnages sont inspirés de la réalité comme Mémé Fiorida inspirée de la grand-mère de Téhem, ou Law-Law l’épicier inspiré d’un voisin.


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Salomé vient s’installer à la Réunion suite au transfert de son père gendarme sur l’île. Elle fait la connaissance de Tiburce un petit créole avec qui elle va découvrir la culture locale : le jeu du pneu à bâtons, le gâteau patate et l’épicerie chinoise.

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Sous la forme de trois vignettes, on découvre ,par exemple, comment construire une harpe avec des « l’endormi » (caméléon en créole), comment utiliser un distributeur de macatias (sorte de pain rond brioché) automatique.

A découvrir pour tous ceux, adultes et enfants, qui voudraient découvrir La Réunion de façon amusante.

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