Archives mensuelles : avril 2014

Je me nomme Furcy et je suis né libre…

furcy procès« Je me nomme Furcy. Je suis né libre dans la maison Routier, fils de Madeleine, Indienne libre, alors au service de cette famille. Je suis retenu à titre d’esclave chez Monsieur Lory, gendre de Madame Routier. Je réclame ma liberté : voici mes papiers ».

Voici les mots que l’on peut lire dans le livre de Mohammed Aïssaoui,  » L’Affaire de l’esclave Furcy «  qu’aurait prononcé Furcy pour réclamer sa liberté. Son histoire illustre bien la résistance des propriétaires d’esclaves à l’idée abolitionniste. Furcy est né libre puisque sa mère Madelaine avait été affranchie. Sa sœur, qui elle est libre, se fait aider d’un avocat, Maître Sully-Brunet bien décidé à lui faire retrouver sa condition d’homme libre, « né libre et esclave maintenant par la cupidité d’un homme », et un procureur qui va ruiner sa carrière pour cela, louis-Gilbert Boucher. Lorsque Furcy porte plainte contre son maître, c’est une première dans l’histoire, pire que le marronnage, puisque cette action pourrait donner à d’autre esclave l’idée de portait plainte.

acte d'affranchissement de la mère de Furcy

acte d’affranchissement de la mère de Furcy

Son maître, Joseph Lory, ne veut se laisser faire, et voyant le vent tourner en sa défaveur décide d’envoyer Furcy sur l’île Maurice. L’affaire prend une telle ampleur que Furcy se voit proposé la liberté par affranchissement, ce qu’il refusera, comprenant que sa démarche pourrait permettre à d’autres de se libérer également.

furcy gardien

27 années de combat seront nécessaires pour qu’il retrouve sa liberté le 23 décembre 1843, cinq ans avant l’abolition de l’esclavage.

Pour aller plus loin :

Merci au site Tarmac pour son autorisation de diffusion.

 

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Affranchissement vraiment?

Dans un précédent article, je vous parlais de l’histoire de l’affranchissement et des conditions dans lesquelles ils se passaient. Je vous disais également que beaucoup n’avaient de choix pour pouvoir vivre que de voler. J’ai trouvé une vidéo qui explique de manière comique la situation. A vous de juger !!!

Une minute avant est une émission télévisée française diffusée et produite par Canal+

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Un nom pour la liberté !

expoS’il y a bien un moment où le fait d’avoir un a eu sens c’était bien à ce moment là. Lewis Carroll se demandait « Un nom doit-il toujours signifier quelque chose ? », pour eux il signifiait liberté et citoyenneté.

Une exposition retrace en ce moment et jusqu’à la fin de l’année l’histoire de l’affranchissement à la Réunion, son nom « les noms de la liberté, 1664-1848».

Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque les esclaves arrivaient sur l’île, ils devaient se faire baptiser et changer de prénom, ils perdaient ainsi leur prénom d’origine et en prenaient un occidental. On leur donnait un prénom, mais pas de patronyme. En effet, depuis les lois concernant la réglementation de l’esclavage de 1723, l’attribution d’un nom de famille était synonyme d’affranchissement et donc de liberté. Bien sûr, les affranchissements étaient très rares, puisque l’on dénombrait au moment de l’abolition de l’esclavage seulement 10% d’esclaves libérés.

ordonnance du roi nom prénom

Au début du 19ème siècle, l’esclavage est de plus en plus critiqué, lors de congrès, beaucoup de penseurs prennent position contre. Aussi dès 1836, un décret impose à tout propriétaire de l’esclave de les affranchir, s’il veut les amener en métropole, en leur donnant un nom !

La suite vous la connaissez, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, qui crée « la société pour l’abolition de l’esclavage », réussit à faire abolir l’esclavage le 27 avril 1848. Sarda Garriga, commissaire de la république chargé de mettre en application cette loi attendra le mois de décembre, c’est-à-dire la fin de la coupe de la canne à sucre  pour la faire appliquer et évite ainsi les révoltes.

Les esclaves sont affranchis, il faut donc leur donner un nom patronymique. 21 000 noms seront donnés à la Réunion. Bien sûr la vie des affranchis n’est pas rose. Ils ont la liberté et la citoyenneté (c’est-à-dire le droit de vote, ce qui est surprenant puisque les femmes des esclavagistes ne l’auront que près d’un siècle plus tard), cependant pour vivre, ils n’ont pas beaucoup de choix, soit ils retournent travailler chez leur ancien maître, soit ils commettent de petits larcins (rare était ceux qui avaient réussi à mettre de l’argent et réussir à s’installer sur de petit terrain, notamment à Saint-Paul).

albiusPrenons un exemple d’esclaves reconnu aujourd’hui comme un personnage historique de premier plan à la Réunion, celui d’Edmond. Le petit garçon alors âgé de 12 ans travaille en tant qu’esclave chez un botaniste de la ville de Sainte-Suzanne du nom de Féréol Beaumont Bellier. Un jour le botaniste reçoit des orchidées dites épiphytes, des fleurs ornementales. Edmond qui a observé son maître s’essaie à la botanique, il retire l’obstacle qui empêche la pollinisation, met en contact les organes males et femelles de la plante. Le résultat de cette expérience c’est la vanille, un produit qui va enrichir tous les maîtres qui vont se l’arracher par la suite. Une fois affranchi, il prend le nom d’Albius. Pour vivre il commettra des vols qui le conduiront en prison. Une fois libéré il travaille comme cultivateur et meut dans l’oubli à la cinquantaine passée.

acte d'affranchissement d'Edmont Albius

Acte d’affranchissement d’Edmond Albius

Pour aller plus loin :

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Anne Mousse, grand-mère des Réunionnais

Dimanche 13 avril de l’an 345, à la veille du nouvel an …

Non il ne s’agit pas d’un nouvel an d’une quelconque religion, je ne viens pas non plus de créer une secte rassurez-vous ! Il y a  quelques jours, j’ai lu un article concernant la première femme née à la Réunion, Anna Mousse. L’article faisait référence à un groupe indépendantiste réunionnais, qui souhaitait prendre une fois l’indépendance de la Réunion retrouvée, il prendrait la date de naissance d’Anne, c’est-à-dire le 14 avril 1668, comme date de départ du calendrier de l’île de la Réunion libre. Sans rentrer dans ces polémiques, je voulais rendre hommage à l’une de ces grands-mères du peuple Réunionnais.

 En 1663, un bateau avec à son bord 12 personnes, 2 Français et des 10 serviteurs Malgaches, arrivent sur l’île de la Réunion, parmi eux, Jean Mousse et Marie Caze. Ce très jeune couple met au monde 5 ans plus tard, une petite fille, la première à naître sur l’île. La petite famille part s’installer à Sainte-Marie.

Entrée du quartier Sainte-Marie 1883. Lith. A. Roussin.

Entrée du quartier Sainte-Marie 1883. Lith. A. Roussin.

A 19 ans, elle épouse Noël Tessier, un Breton qui a 34 ans de plus qu’elle. Ils auront 8 enfants, qui élèveront à Sainte-Marie. Là, ils cultivent du blé, du riz, des légumes et bien sûr la canne à sucre. Son mari meurt quand elle a 53 ans. Elle se remarie avec un jeune Portugais avec qui elle n’aura pas d’enfants.

Anne est une femme infatigable. Après avoir passé toute sa vie dans les champs, dans la culture vivrière, puis la culture de la canne à sucre, elle se lance dans le café. Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que lorsqu’Anne est née, il n’y avait rien, tout était à construire, cette femme n’est pas seulement l’une des « grands-mères » des Réunionnais, elle a également construit, développé cette île et ses enfants sont parmi les premiers métisses de l’île.

Eglise du quartier Sainte-Marie 1860.Lith. A. Roussin.

 Anne est très pieuse, aussi elle fait construire une chapelle en l’honneur de Sainte-Anne. Celle-ci sera détruite en 1727 par un cyclone. A sa mort en 1733, elle demandera à sa famille de reconstruire une église, ainsi qu’un cimetière, ce qui sera fait, par ses fils, mais également ses gendres à savoir un Descotes, un Maillot, un Damour, un Crosnier et un Bègue, l’histoire la Réunion était lancée …

(après avoir visionné la vidéo, vous pourrez faire un petit test)

Pour aller plus loin :

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~ Philosophie réunionnaise ~

Souvent considéré comme un des plus grands chanteurs Réunionnais, Danyel Waro est aussi poète. Ce fervent militant pour le retour du maloya (musique traditionnelle réunionnaise) sur le devant de la scène, nous livre un moment de philosophie à la réunionnaise !

Capture

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Illettrisme à la Réunion

logo Une étude menée par l’INSEE entre 2007 et 2011 montre que le taux d’illettrisme a évolué à la Réunion, amenant le nombre d’illettrés à environ 23% de la population. Si l’on prend dans le détail ces chiffres, il y en a un qui est alarmant, celui de l’illettrisme chez les jeunes dont 14% auraient des difficultés avec l’écriture, soit 3 fois plus qu’en France métropolitaine.
Le créole souvent montré du doigt, n’aurait pas la même influence selon les personnes. En effet, il serait pour certains une force, une richesse permettant d’avoir une double vision du monde, ceci serait, selon l’étude, issus de familles ayant un bon statut social. Pour les autres, la situation est inverse puisqu’elle se traduirait par un « semi-linguisme » ne permettant pas un épanouissement total dans l’une ou l’autre des deux cultures.

L’ANLCI (Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme) a relevé, quant à elle, la liste de causes suivante :

  •  Un passé scolaire douloureux,
  •  Des situations de rupture, de difficultés familiales, professionnelles, sociales,
  •  Des situations de travail où le recours à l’écrit n’est pas nécessaire.
  •  Un effritement des compétences de base lorsqu’elles ne sont pas utilisées, pratiquées,
  •  Des problèmes de santé
  •  …

cal-cd934On sait que plus de 50% des personnes illettrées sont en situation d’emploi, cependant elles sont confrontées à des difficultés qui peuvent être handicapantes, voire dangereuses. Ainsi, se repérer dans le temps, dans l’espace, lire une notice ou un schéma, utiliser un appareil particulier, calculer des quantités ou encore communiquer avec son entourage au travail (courrier, mail, SMS,…).
L’illettrisme n’a pas seulement un effet sur le quotidien pratique de ces personnes, il a aussi un effet psychologique et social. Ainsi, on voit se développer chez certain un sentiment de dévalorisation de soi, surtout lorsqu’elles ont des enfants qu’elles ne peuvent aider dans les devoirs, ou lire le carnet de correspondance et le bulletin de notes. L’accès à l’information leur est limité, elles ont aussi des difficultés et doivent se faire assister pour accéder à leurs droits de manière générale.
Plusieurs associations luttent contre ce phénomène, notons l’ANLCI précédemment citée et les cases à lire que l’on retrouve sur toute l’île.

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Addictions et l’addition !

Quand on pense « addiction » à la Réunion, c’est vrai que les premières qui nous viennent à l’esprit sont l’alcool et le zamal (cannabis réunionnais). C’est que celles-ci font des ravages, et pour ne parler que des très jeunes les chiffres (ORS) sont effrayant :

  •    8 jeunes de 13-15 ans sur 10 ont déjà expérimenté l’alcool à La Réunion, des filles autant que des garçons.
  •    Près d’un tiers des jeunes de 13 ans et 44% des jeunes de 14-15 ans ont déjà été ivres.
  •    3 jeunes de 13-15 ans sur 10 ont déjà expérimenté le zamal, les garçons plus fréquemment que les filles.

Une expérimentation de plus en plus précoce du zamal est à signaler également.

chiffre alcool

chiffre zamal

Malheureusement, il y a d’autres types d’addictions à signaler sur l’île. Le tabac figure aussi en bonne place avec toujours pour ces mêmes jeunes une consommation régulière pour 20% d’entre eux. Les médicaments ne sont pas en reste, avec le Rivotril et surtout l’Artane utilisé comme une sorte d’ecstasy des pauvres, qui sert normalement à soulager les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

D’autres types d’addictions telles que celles aux jeux vidéos, à internet et aux téléphones portables concerneraient 13% des étudiants.

Alors, parlons des conséquences. Les décès directement causés par l’alcool, c’est-à-dire uniquement les maladies liées à l’alcool, représentent 6% de l’ensemble des décès sur l’île : cancer, cirrhose (maladie chronique du foie) et psychose. Le tabac représente quant à lui 15% des décès.

Pour conclure, quand on parle d’addiction la justice n’est jamais très loin, et devinez qui est la deuxième place des interpellations pour ivresse, La Réunion juste derrière la Bretagne. Le trafic de médicaments prolifère également, alors qu’en 2009, il n’y a eu que 8 interpellations de dealers !!!

Pour aller plus loin:

Merci à l’ORS pour son autorisation de diffusion

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